Le projet original de Katarina Livljanić, Arijadna živi, fait revivre en musique les traductions italiennes d'Ovide du XIVe au XVIe siècle, à partir de recherches sur le matériau musical de la Camerata florentine. En collaboration avec le metteur en scène Olivier Lexa et avec la participation de Pino De Vittorio, elle a façonné cette matière en une œuvre scénique et musicale saisissante et puissante, portée par une interprétation vocale raffinée et irréprochable et un accompagnement instrumental tout aussi remarquable.
Nataša Maričić, Vijenac
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Fruits d'une érudite investigation menée par Katarina Livljanić : prières (tirées du Livre de Radosav), incantations (Glava Hr'stova), excommunications (Koli že krešten ne budet), exorcismes (Zaklinam tebe, prinecisti dusce), méditations scénarisent un programme articulé selon une polarité individuelle vie/mort, et plus largement création/destruction. L'itinéraire se structure aussi par des déclamations tirées des sépultures, à la façon d'un choeur antique, nous apprend le livret : une âpre polyphonie dans le style ganga, strié de chromatisme et de microtonalité. (…) Face au quasi-silence des sources quant à la dimension musicale, ces évocations se sont fondées sur les pratiques vocales qui survivent dans l'oralité. Un laboratoire d'où le paganisme n'est pas absent du creuset, et où la spiritualité s'imprègne des vestiges traditionnels.
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La chanteuse, musicologue, et actrice Katarina Livljanić a créé un programme que l'on regarde, écoute et suit avec le souffle suspendu... Le drame antique d'Hécube n'est pas une histoire imprévisible, mais la manière dont la musique et le texte sont unis dans ce projet l'est. Le résultat dramaturgique est brillant...
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Le tropaire de Winchester, juke-box +++ avant l'heure, tient en deux manuscrits : une arche d'alliance de la polyphonie notée autour de l'an mil. À chaque disque, Dialogos et sa fondatrice, Katarina Livljanic, en tirent des dramaturgies savantes et volontiers policières. Ici, deux voix et deux instruments rejouent, façon Cluedo, une tentative d'empoisonnement. Le 19 février 964, l'évêque Æthelwold expulsa les chanoines de Winchester et les remplaça par des moines d'Abingdon. Le chroniqueur Wulfstan les dit pervers, insolents, gloutons, ivrognes et fort volages ; ils auraient même tenté d'empoisonner l'évêque. À partir de neumes dont toute lecture demeure hypothétique, les artistes ressuscitent ce petit théâtre de souillures. Dieu offrit la musique à l'homme pour le laver de ses souillures. Et en plus c'est épatant !
CDR, Libre Belgique
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